Aéroport de Saint-Hubert

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Il s'agit d'un des plus anciens aéroports au Canada et le premier aéroport civil. Ouvert le 1er novembre 19272, il ne cède sa place qu'en 1941 à l'aéroport de Dorval maintenant nommé Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal .

Description

Il s’agit d’un des plus anciens aéroports au Canada et le premier aéroport civil. Ouvert le 1er novembre 19272, il ne cède sa place qu’en 1941 à l’aéroport de Dorval maintenant nommé Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal .

En 1928, le Ministère de la Défense nationale (MDN) ouvre un aérodrome permanent à Saint-Hubert qui devient la base de la première route aérienne entre le Canada et les États-Unis avec les services de Colonial Airways4.

Dès 1924, l’Angleterre se lance dans la construction de dirigeables pour relier son empire et en 1928, un mât d’amarrage (ou d’ancrage) est érigé à Saint-Hubert pour les recevoir. Ce mât atteint une hauteur de 63 mètres. Sa base, de forme octogonale, ancrée dans des blocs de béton armé, a un diamètre de 21 mètres. La base jouxte un édifice cruciforme de deux étages. Le rez-de-chaussée abrite la machinerie composée de trois treuils actionnés par des moteurs électriques. Les treuils peuvent tirer le dirigeable vers le mât à une vitesse de 46 mètres à la minute. C’est le treuil central qui tire le nez du ballon vers le mât. Un ascenseur pouvant transporter 14 passagers est installé dans la tour. Il monte jusqu’à une hauteur de 46 mètres. Il faut ensuite faire le reste du trajet à pied. C’est à une hauteur de 52 mètres qu’est installée la galerie principale de la tour. C’est là qu’est reliée la passerelle du dirigeable. Ce mât est unique en Amérique.

Une petite usine à gaz a été construite à 915 mètres de la tour. Elle possède des réservoirs pouvant contenir 11 500 mètres cubes de gaz. L’essence est pompée par un système de pression à eau. Le Canadien National fait construire des rails supplémentaires à l’ouest de la rue Guy, à Montréal, uniquement pour des trajets vers l’aéroport de Saint-Hubert. Deux plates-formes temporaires de 488 mètres sont également construites : l’une de 14 mètres de largeur et l’autre de 9 mètres.

En 1930, le R100 se dirige vers Saint-Hubert, effectuant un vol passé à l’histoire. L’aérostat n’est pas le premier dirigeable à traverser l’Atlantique, cet exploit a été réussi au mois de juillet 1919 par le R-34 d’une dimension beaucoup plus petite (204 mètres de long par 24 de large). Le R-100 commence sa traversée de l’Atlantique le 29 juillet avec 37 membres d’équipage et sept passagers. Le 31 juillet, à 18 h 45, le R-100 passe au-dessus de la terrasse à Québec. L’aéronef survole Montréal à trois heures du matin, mais ce n’est que deux heures plus tard qu’il entreprend de se diriger vers Saint-Hubert. Le 1er août, très tôt à l’aube, à h 17, alors que les rayons du soleil commencent à remplacer l’éclairage artificiel des projecteurs, le R-100 entreprend sa manœuvre d’amarrage au mât de Saint-Hubert.

En 1936, le ministère des Transports nouvellement créé devient propriétaire de l’aéroport4. Deux ans plus tard, Trans-Canada Air Lines (aujourd’hui Air Canada) en fait sa base pour la région métropolitaine de Montréal et y commence des services transatlantiques avec des appareils Lockheed L-10 Electra.

En 1938, le mât d’ancrage, devenu désuet depuis l’abandon des dirigeables et considéré dangereux pour la circulation aérienne, est détruit. Il aura coûté plus d’un million de dollars et n’aura servi qu’une seule fois. La même année, un consortium britannique fonde la Canadian Associated Aircraft (en). Cette compagnie qui s’installe à proximité de l’aéroport de Saint-Hubert construit des empennages pour les avions de guerre Handley Page Hampden pour le ministère de l’aviation britannique.

Seconde Guerre mondiale

L’aéroport de Saint-Hubert devient une base militaire aérienne importante durant le second conflit mondial. Dès 1940, le ministère de la défense en reprend possession et transfère le trafic civil à Dorval à partir de 19414.

En 1941, une partie importante de l’aéroport de Saint-Hubert est déjà devenue un véritable petit village accueillant les recrues venues recevoir leur formation de pilote. Depuis la construction de l’aéroport de Dorval, cet aéroport n’est plus qu’une zone militaire. La première collation des grades a lieu au mois de novembre 1941. L’École supérieure du Corps d’aviation royal canadien remet, par la suite, de nombreuses autres décorations. La formation dure 72 jours. L’école accueille environ 20 % de francophones. En 1943, s’ajoutent des membres de la Résistance française. La conversion de l’aéroport à des fins militaires comporte certains dangers. Ainsi, au mois de mai 1940, un bombardier s’écrase aux limites de l’aéroport où il est complètement détruit par le feu. L’École d’aviation emploie plus de 130 femmes pendant la Deuxième Guerre mondiale. Elles occupent alors des fonctions de téléphonistes, de cuisinières, de serveuses, de conductrices de camionnettes, etc.

 

Aéroport de Saint-Hubert

Prix : 30.00$
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